20 ANS DE LA SORTIE DES "Mémoires d'un paysan bas-breton"

Conférence débat avec   Fañch  Broudig et Bernez Rouz samedi 29 septembre 2018 à 16h.

 

Samedi 29 septembre à 16 h, salle Ti-Kreiz à Croas Spern (Ergué-Gabéric), l’association Arkae invite Fañch Broudic, journaliste et chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique, afin de nous présenter un focus sur "Déguignet et la langue bretonne".
Cette conférence sera précédée d’un résumé de l’aventure éditoriale des "Mémoires d’un paysan Bas-Breton" par Bernez Rouz, en rapport avec les 20 ans de l’édition de cet ouvrage.

 

Jean-Marie Déguignet et la langue bretonne

 

Qui ne connaît pas aujourd'hui le nom de Jean-Marie Déguignet (1834-1905) ? On le doit au succès extraordinaire de ses "Mémoires d'un paysan Bas-Breton" au tournant des années 2000. Il est bien vrai qu'on ne dispose guère de témoignages équivalents sur le vécu d'un "paysan de neuvième classe", comme il se définissait lui-même, qui a également été un soldat des armées du Second Empire, y compris en Algérie et au Mexique. L’itinéraire et les convictions de Déguignet font de lui un Breton atypique de son époque au sein des couches populaires : il n’a jamais cessé de pourfendre les conservateurs, le clergé, les autorités.

Jean-Marie Déguignet ne connaissait que le breton à sa naissance. Il a la particularité, au milieu du XIXe siècle, d’avoir appris seul à lire et à écrire le français, en parfait autodidacte, mais aussi l’italien et l’espagnol. Il est stupéfait de découvrir que tout le monde ne parle pas le français de la même manière.

Dans l'intégrale de ses mémoires, publiée sous le titre "Histoire de ma vie", il décrit comment il a été confronté à la variation et à la pluralité linguistique. Cet ouvrage de 900 pages comporte aussi quantité d'informations sur la langue bretonne, par exemple sur la manière dont se déroulaient les mariages. Il fournit spontanément des indications sur les usages de langues en Basse-Bretagne à son époque. Déguignet a des opinions tranchées concernant le breton puisqu’il la considère comme une vieille langue qui se meurt.

Ces représentations étonnent aujourd’hui. Mais il convient de les confronter à celles de ses contemporains, ainsi qu’aux acquis de la recherche qui s’est développée depuis une trentaine d’années sur la pratique sociale du breton.

 

Fañch Broudic est journaliste et chercheur. Il a présenté les émissions en breton à la radio, puis à la télévision au sein de France 3 Bretagne pendant près de 40 ans. Chercheur associé au Centre de recherche bretonne et celtique, il a publié de multiples ouvrages et articles sur l’histoire sociale du breton de la fin de l’Ancien Régime à nos jours.